Fragment d'un discours amoureux du théâtre
Le sujet et l'objet de mon désir en viennent au mot et aux mains.

Faire du théâtre veut tout et rien dire. Et passé l'aveu, on se retrouve devant le vide. Car on ne veut pas mentir et dire qu'on tient le bon bout ou le bon chemin. Non, on ne s'y voit pas encore. Même faiseur est peut-être déjà trop en dire.
Qu'est-ce que nous conditionne alors ? L'idée de la différence, le hasard, l'utopie, l'infidélité à la réalité et le jeu des limites. Et un théâtre autre, mais un théâtre des sources et des ressources.
Mais cette envie n'est pas elle aussi vaine et vide que de s'appeler artiste?
On n'est pas tous différents les uns des autres et en même temps « de la chair vivante et habillée »?
On n'est pas tous en train de mener le combat avec la scène afin de la réactiver, on veut pas tous faire un théâtre des signes et de la signification ?
On ne fait pas tous comme si c'était vrai tout en montrant du doigt le simulacre ? Mais alors faire du théâtre avec le refus de l'envie mimétique n'est tout simplement ne rien faire, comme l'enseignait Grotowski : « Silence. Silence total. Y compris ses pensées » ?